Confinés

Confinés

Je recopiai ce qu'écrivait la prof avec empressement. J'aimais les cours de Français par nature, et je tentai d'enregistrer les informations au fur et à mesure qu'elles arrivaient. Ma meilleure amie, Reby, à côté de moi, écoutait avec conviction le professeur qui répondait à une question -très pertinente- de Jubia. Je levai la tête et écoutait l'échange entre le professeur et l'élève avec attention. Un doigt se planta entre mes côtes, et je sursautai, avant de me tourner vers le propriétaire du doigt.
 
- Quoi ?
 
- Bonjour, déjà, quand on est poli. Ensuite, je veux juste savoir si c'est possible que tu me files ta copie pour que je recopie chez moi.
 
- Même pas en rêve.
 
Je me concentrai à nouveau sur le cours, ignorant le grognement provenant de derrière. On me tira les cheveux.
 
- Arrête !
 
- Files moi ta copie.
 
- Non. T'as qu'à bosser, au lieu de passer ta vie à courir après des filles.
 
- Déjà, je ne cours pas après les filles. C'est les filles qui me courent après. Ensuite, je travailles, mais comme tu ne coopères pas, je ne peux pas travailler.
 
- Non mais quelle arrogance ! Et si tu veux travailler, démerde toi tout seul. Je n'ai pas envie de t'aider si c'est pour finir dans ton lit.
 
- Pourquoi, ça te plairait ?
 
- Non. Quand je disais, je pensai que si je me retrouverai dans ton lit, tu m'y aurais forcée.
 
- Je ne suis pas un violeur !
 
Le prof s'interrompit pour le regarder.
 
- Excusez moi, Monsieur. Vous pouvez continuer.
 
Le prof le toisa du regard, haussa les sourcils avant de continuer à écrire au tableau.
 
- Alors, Heartfilia ?
 
- Je t'ai dit non. Tu sais ce que ça veut dire, au moins ?
 
- Mmm...Je ne sais pas, non. Désolé.
 
- Ta mère ne t'as jamais baffé, hein ? Dommage, tu en aurais bien besoin. Et pour info, « non » veut dire « désolée, ta requête est irréalisable. Va voir ailleurs. » C'est clair ou je dois réexpliquer ?
 
- Réexplique.
 
- Tu veux jouer à ça, hein ? « Non exprime le refus pure et simple. C'est une réponse à une question par un affirmation négative. En d'autre termes, un 'non' est un refus à une question. » Tu as la définition du dictionnaire. Quoique je rajouterai, pour toi, « non est une réponse non négociable, et pour les prétentieux pervers, il est catégorique. » Et si tu n'as toujours pas compris, va voir un médecin parce que ça devient inquiétant, le manque de cerveau dans ta tête.
 
- Oh, c'est pas très gentil, ça, Heartfilia. Et je ne suis pas un prétentieux pervers, juste un pauvre garçon en manque cruel d'amour.
 
- Tu ne cherches pas à la bonne adresse ton manque, pauvre chou. Je n'irai pas dans ton lit aussi facilement que les autres. Il faudra déjà me séduire, m'apprécier pour ce que je suis -et non ce à quoi je ressemble- et que tu me plaises aussi. Et ça, ce n'est pas gagné.
 
- Je n'ai vraiment...Aucune chance ?
 
- Non, aucune.
 
- Je vais te faire changer d'avis, Heartfilia.
 
- Je ne crois pas.
 
Le cours de français se passa tranquillement, on était en fin de matinée, et le cours se finissait dans cinq minutes. Toutes la classe bavardaient, moi comprise, quand on fut coupés par une sonnerie. Pas celle qui annonce la fin des cours. Non. Pas celle qui annonce l'incendie, ni le confinement gaz. Non. Bien pire. Le confinement...Terroriste. Je me levai, paniquée, mais grâce à l'exercice fait quelque jours plus tôt, je me ressaisis et poussai ma table devant la porte, aidée de Reby. Je montai ensuite une table sur celle que je venais de placer, avant de poser des chaises dessus. Grey pousse le bureau du professeur devant les tables que j'avais au préalablement empilées. Les élèves assit près des fenêtres baissèrent les volets, tandis que ceux du fond poussaient l'armoire devant la porte et que ceux du milieu renversaient les tables pour en faire un mur. Le professeur éteignait le rétro-projecteur -qui refusait de s'éteindre. Enfin, on coupait la lumière quand tout fut en place. Le professeur alluma une lampe torche, pour que tous ceux qui n'étaient pas derrière les tables puissent se frayer un chemin sans risquer de s'étaler au sol. Je m'adossai contre une table, aux côtés de quelqu'un que je reconnus pas -nous étions plongés dans le noir total. Des chuchotements me parvenaient aux oreilles, tandis qu'on entendais encore quelques tables bouger dans les autres classes. Je ne pouvais retenir mes mains de trembler. J'avais peur, et il faisait si noir...
 
- Ça va aller. Tu vas voir.
 
Je tournai la tête et aperçut les contours d'un garçon et d'une fille. Ils étaient dans les bras l'un de l'autre, et j'entendais la fille pleurer doucement. Moi aussi, j'avais envie qu'on me prenne dans des bras chauds, rassurants. J'entendis des pas dans les escaliers. Nous n'avions pas la meilleure des classes. Située au premier étage, juste à côté des escaliers et de l'ascenseur, nous étions probablement les lus vulnérables, sachant qu'il n'y avait pas de salle de classe au rez-de-chaussée.
Je me redressai, cherchant des yeux une personne familière, mais avant que j'ai pu regarder, une grande main chaude se posa sur ma tête et une autre sur mon épaule, avant que celles-ci me tirent au sol. Je me retrouvai allongée contre un torse chaud. Je repoussai la personne.
 
- Ça va pas, non ?!
 
Le garçon me répondit en chuchotant, comme moi.
 
- Tais-toi et restes couchée.
 
Je grommelai quelque chose avant de me coucher à ses côtés. Il posa sa main sur la mienne, tremblante. Je la retirai aussitôt.
 
- Ne profite pas du fait que je sois clouée au sol à côté de toi pour me toucher, Dragnir !
 
- Oh, ne t'inquiète pas pour ça, Heartfilia.
 
Il me sembla distinguer un sourire dans le noir. Ses yeux brillants et sa voix calme me procuraient un mélange de sensations des plus horribles. Il ne semblait pas effrayé, peut-être qu'il serait un bon soutien pour quelqu'un de sensible comme
moi ? Et à quoi pensait-il en me regardant de la sorte ? Je me donnai une gifle mentale, et me tournai, dos à lui. Je ne supportai pas les arrogants dans son genre. Il me toucha le dos, imperceptiblement. Ce type aimait me faire sortir de mes gonds, visiblement. Je basculai face à lui, furieuse -je me demandai même comment je pouvais l'être dans une situation pareille.
 
- Arrête !
 
- Un roi comme moi ne reçoit pas d'ordre. Je fais ce que je veux.
 
- Tu es tellement arrogant, c'est pathétique. Tu me fais penser à mon frère, tiens.
 
- Ah oui ? Eh bien comme ça, dès que tu le verras, tu penseras à moi ! Je serai dans ta tête à vie !
 
- Oh non, tout mais pas ça. Tu vois, la différence entre toi et lui, c'est que lui, je l'adore, quant à toi, je te déteste. Alors je vois mal comment je pourrais penser à quelqu'un que je déteste en voyant quelqu'un que j'adore.
 
C'est sur ces mots que je me détournai de lui, et ne réagis pas quand il me toucha à nouveau. Soudant, la tension dans le l'air se fit plus ressentir quand on entendit des bruits dans les escaliers -probablement les pas des nouveaux venus à cause desquels nous nous étions barricadés. Leur voix qui dialoguaient dans une langue étrangère s'arrêtèrent devant la porte arrière de la classe. Je me mis à trembler, et le garçon à mes côtés, grâce à sa main dans son dos, le sentit. Il se mit à me le caresser, dans un geste rassurant. Mais je percevais ces frissons qu'il tentait de cacher.
Un coup brusque dans la porte me fit sursauter. J'enfouis ma tête dans mes genoux, que j'avais repliés contre ma poitrine, entourés de mes bras. Je fermai les yeux, trop apeurée. Des sanglots silencieux retentirent, et je me demandai s'il s'agissait des mien ou de ceux des autres. Je relevai la tête prudemment, et vis la porte s'entre-ouvrir, malgré la grosse armoire devant et les tables empilées par derrière. Nous avions oublié de fermer à clef ! L'embout d'une mitraillette passa dans l'ouverture. Instinctivement, je baissai la tête derrière la table, voyant du coin de l'½il les curieux faire même. Des bruits sourds retentirent. On nous tirait dessus. Des cris, des sanglots bruyants et un professeur qui intimait aux élèves, sans effet, de se taire.
Les voix à l'extérieur se firent impatiente. Plusieurs coups firent trembler les tables -j'espérai juste qu'elles ne se renversent pas, le bruit ajouterai de la panique aux élèves. En plus de ça, plus rien ne retiendrait les intrus de pénétrer dans la classe. Les vaines tentatives pour entrer stoppèrent, car on appelait les deux pousseurs vers l'autre porte, qu'il poussèrent avec force. La porte s'entre-ouvrit, laissant juste assez de place pour passer un bras ; et en effet, un s'introduit dans la fente et poussa une chaise empilée sur les tables au sol. Le vacarme du métal frappant le carrelage se répercuta dans toute la pièce, faisant crier la plupart des élèves morts de trouilles. Je n'échappai pas au mouvement et laissai échapper un cri -qui suffit à faire crier le garçon qui continuait son massage.
 
- Hey, ça va pas, non ?
 
- Comment tu peux rester aussi calme dans une telle situation, toi ?!
 
- T'as pas pensé que dans les films, les tueurs tuent les otages les plus chiants ? Figure toi que j'ai envie de hurler, mais je me retiens, ok ?
 
Je tombai sur le cul -du moins, au sens figuré, car j'étais allongée. Dragnir, aussi...Me faisait...Je ne sais pas comment dire...Mais c'est bizarre. Je ne sus pas quoi répondre, aussi je me contentais de reporter mon attention sur les tables qui glissaient petit à petit. Oh non, tout allait s'effondrer et nous allions tous y passer ! Pourquoi les autorités mettaient autant de temps pour arriver ? Je me redressai sur les coudes et me faufilai jusqu'à la table, qui portait l'ordinateur du professeur, et me cachai dessous. J'avais vu sur la porte, et sur les élèves qui criaient de peur, dès qu'un nouveau coup contre la porte se faisait entendre. Je ne pus retenir mes larmes plus longtemps, les laissant couler sur mes joues. J'étouffai un sanglots, en plongeant ma tête dans mes bras. J'avais tellement peur, tellement peur...Il faisait noir, mais la lumière qui passait à travers la fente de la porte n'avait rien de rassurant. Je restai ici, les cris de mes camarades torturant mes oreilles -ce qui n'était d'aucune aide pour stoppe le flot qui coulait hors de mes yeux. Je lançai une prière muette au ciel pour que tout cela cesse. « S'il-vous-plaît...Faites que ça cesse... » Mon souhait sembla s'exaucer quand une douce chaleur autour de moi me rassura instantanément. Je relevais la tête et découvris le jeune homme allongé à mes côtés auparavant. Je le repoussai doucement, n'aimant pas être faible.
 
- Tu en as besoin, Heartfilia.
 
Il avait chuchoté cette phrase, et son souffle chaud sur ma joue acheva la résistance qu'il me restait. J'acquiesçai doucement, et il me sera dans ses bras. Maintenant, peut importait si les gens armés défonçaient la porte, peut importe ce qu'il se passait par la suite, parce que maintenant, je me sentais en sécurité. Et mon instinct me disait que tant que je serrai dan ces bras, je serai en sécurité. Au loin, j'entendis des sirènes. Les forces de l'ordre...Enfin...
Tout se passa très vite. On entendit des pas précipiter, et les coups dans la porte cessèrent. Des échanges de balles, des cris de policiers, le fameux « Put your hands of your hed ! » sonna dans un haut-parleur, du côté des policiers. Les attaquants ne devait probablement ne pas comprendre le français pour que les policiers utilisent l'anglais. Au bout d'un quart d'heure -je crois, car dans les bras dans lesquels j'étais, je perdais toute notion du temps-, les coups de feu cessèrent, et plusieurs minutes plus tard, la sonnerie annonçant la fin du confinement retentit, comme un baume à mes oreilles. Je m'échappai de l'étreinte, et entrepris de défaire la barricade -aidée par les élèves aillant le moins été choqué. Quand les policiers entrèrent dans la pièces, ils firent un rapide état des lieux, des blessés -nous n'en avions aucun- et partirent voir les autres classes. On nous fit sortir dehors, et je soupirai doucement. J'étais en vie...Une poigne chaude sur ma main me retournai.
 
- Tu changes d'avis ou je n'ai toujours aucune chance, avec toi ?
 
Je souris.
 
- Je te laisse une chance. Soit moins arrogant, et on verra, Dragnir.
 
- Tu vas voir, Heartfilia. Tu vas tomber amoureuse de moi. Je te donne deux jours, et je te jure que après ça, tu ne pourras te passer de moi.
 
- C'est ce qu'on verra.
 
- Ne fais pas la fière, ça ne durera pas longtemps...Lucy.
 
- Je ne te crois pas, Natsu.
 
C'est ainsi que finit notre confinement, joyeux, sans morts à déplorer. Nous avions eu beaucoup de chance.
.
Confinés

Tags : Confinement - blog lucy natsu

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.225.59.14) if someone makes a complaint.

Comments :

  • OneLucyManga

    15/01/2017

    fic-Fairy-Tail-13 wrote: "Quel originalité décidément ! tes écrits ont raison de mon sommeil ! J'ai adoré !"

    Merci beaucoup ! Je suis contente que tu aimes autant ! Ça me fait énormément plaisir !
    Celui la vient d'une fausse alerte attentat au collège ça m'a de suite inspirée !

  • fic-Fairy-Tail-13

    15/01/2017

    Quel originalité décidément ! tes écrits ont raison de mon sommeil ! J'ai adoré !

  • OneLucyManga

    17/10/2016

    Candisx wrote: "Haha ewouiii c'est mimi hein ? "

    Wouiiiii

  • Candisx

    16/10/2016

    Haha ewouiii c'est mimi hein ?

  • OneLucyManga

    16/10/2016

    OneLucyManga wrote: "Awwww....Trop mimi... La petite soirée qui rassure la grande ;) mais je vais essayer et si quelques avis sont négatif, je me mettrais en blog secret ou en hors ligne :¤ "

    Pardon je voulais écrire "petite soeur" mais le correcteur automatique...

  • Fairy-nalu-fan

    16/10/2016

    Haha ^^

  • OneLucyManga

    16/10/2016

    Fairy-nalu-fan wrote: "Haha de rien quand on veut une suite on a de l'imagination ^^ n'estce pas candisx^^ et puis tkt reflechie et met tou en place et sa sera bien tkt puis facon t'es histoires sont super ^^"

    Merci je compte bien me donner à fond pour ne pas vous décevoir ;)

  • Fairy-nalu-fan

    16/10/2016

    Haha de rien quand on veut une suite on a de l'imagination ^^ n'estce pas candisx^^ et puis tkt reflechie et met tou en place et sa sera bien tkt puis facon t'es histoires sont super ^^

  • OneLucyManga

    16/10/2016

    Candisx wrote: "Ne doute pas de toi :3 Je suis sûre que ce sera très bien et au pire si cela ne t’inspire pas, ce n'est pas grave après tout c'est ton blog :)"

    Awwww....Trop mimi... La petite soirée qui rassure la grande ;) mais je vais essayer et si quelques avis sont négatif, je me mettrais en blog secret ou en hors ligne :¤

  • Candisx

    16/10/2016

    Ne doute pas de toi :3 Je suis sûre que ce sera très bien et au pire si cela ne t’inspire pas, ce n'est pas grave après tout c'est ton blog :)

Report abuse