OS spécial Noël - La fille qui ne croyait plus au Père Noël

24 décembre 2016
 
« Cher Père Noël.
Je pourrais écrire que j'ai été très sage, cette année, et toutes les conneries que les enfants peuvent écrire. Je pourrais te faire cette lettre sur du joli papier violet, décoré avec des autocollants et pleins de feutres, mais je te la fais sur une simple feuille à carreaux. Au stylo bille...
Je voulais te dire que cette année, j'ai pas été très gentille avec ma famille.
Je peux t'expliquer pourquoi, et peut-être que la raison m'excusera.
Mais ma mère est tombée en dépression, mon père se tue au travail pour éviter de penser à moi et mon frère refuse de me regarder dans les yeux.
Parfois, je les entends pleurer le soir.
Je pourrais me répéter que c'est à cause de ma situation et pas celle de mon caractère.
Mais indéniablement, tout est lié.
On m'a diagnostiqué une leucémie en juillet de cette année.
J'étais bronzée, à la mer, quand le premier mal m'a saisie. Puis un second, et tout s'est très vite enchaîné.
Les visites chez le médecin, les analyses, les scanners...Et enfin, la réponse.
Leucémie à 16 ans.
Autant dire que la fin de mon année a été carrément à chier.
Mon humeur et mes mots ont suivis. J'ai hurlé sur ma famille, je les ai insultés, je les ai accusés.
Je ressentais une terrible injustice que je voulais combler par mes cris et les faire se sentir aussi mal que moi. Je voulais qu'ils souffrent autant que moi.
Alors j'ai participé à ma propre plongée.
Je me suis retrouvée seule dans mon cauchemar.
Alors, Père Noël, cette année, j'ai pas été sage. J'ai été détestable.
Mais comme je suis égoïste, je vais quand même te demander mon cadeau.
 
Je voudrais un miracle.
 
Je voudrais guérir. Je voudrais que ma famille aille mieux. Je voudrais qu'ils comprennent à quel point ma vie est détruite et qu'ils me pardonnent. Je voudrais qu'ils ne soient pas trop tristes quand je partirais.
 
Je sais que je ne suis pas en mesure de t'en faire la demande et que tu as mieux à gérer qu'une ado mal dans son corps.
 
Mais si tu existes vraiment, j'aimerais que tu fasses quelque chose. Ma famille ne mérite pas ça.
 
Lucy. »
 
 
 
 
24 décembre 2017
 
« Père Noël, je me suis trompée sur toute la ligne.
Tu n'as pas lu ma lettre, tu n'y as pas accordé d'importance.
Tu étais mon dernier espoir. Je pensais pouvoir te faire confiance, je pensais avoir quelqu'un sur qui compter.
Je me suis trompée. Lourdement trompée.
Tu n'es même pas venu chez moi. On a à peine fêté ce jour censé être familiale.
Maman a fait tomber la dinde sur le tapis du salon en trébuchant sur un coussin que mon frère avait dégagé du canapé.
Papa s'est énervé en reprochant à Maman de n'être pas assez adroite, puis s'est attaqué à Sting pour avoir laissé traîner le coussin.
Après quoi, il s'est levé et a terminé sa soirée au bar.
Maman a pleuré, s'excusant, tout en ramassant la viande immangeable. En bonne idiote que je suis, il a fallut que je rajoute mon grain de sel.
'De toute façon, elle avait l'air dégueulasse.'
Maman a laissé échappé un sanglot avant de me gifler. Ce que j'ai mal pris, et qui m'a poussée à m'enfermer pour le reste de la soirée dans ma chambre.
Enfin. Ce n'est que le début.
Le lendemain, Papa a demandé le divorce parce qu'il ne « pouvait plus supporter mon ingérable de mère », qu'il a dit. Devant ma mère, mon frère et moi.
C'est là que Sting s'est réveillé et a crié qu'il haïssait Papa. Évidemment, celui-ci a répliqué, suivi de ma mère. Le sujet en est venu à ma leucémie.
« C'est de la faute de ta sale gamine malade » a crié Papa.
Coup de massue, mots aussitôt regrettés, mais trop douloureux pour oublier.
J'ai manqué de sortir de la maison, mais le froid m'en a dissuadé.
J'ai monté telle une furie les escaliers et me suis cloîtrée dans ma chambre pendant deux jours durant, sortant uniquement pour la salle de bain et pour chercher de la nourriture.
Bref, autant dire que c'était le pire Noël qu'on pouvait vivre de toute sa vie, non ?
Alors mon souhait de l'année dernière a été un pur échec.
 
Je te le dis de but en blanc.
Je ne crois plus à ton existence.
 
Putain, je ne crois plus à la magie de Noël, je ne crois plus à ta barbe blanche et je ne crois plus à ta bonté.
 
Putain, j'y crois plus et pourtant je me retrouve à t'écrire une putain de lettre que tu ne liras probablement jamais.
 
Lucy. »
 
Je plie la lettre et la jette dans le tiroir de mon bureau, puis recule du meuble en faisant crisser les pieds de ma chaise sur le parquet, laissant une trace plus longue que ma vie.
Je soupire et me lève, emportant le plaid sur mes jambes avec moi, manquant de m'étaler sur mon tapis à l'effigie de Los Angeles. Je réussis à me redresser avec agilité, mais avec la beauté d'un phacochère.
Je jette un coup d'½il à la fenêtre, où les flocons de neige viennent s'écraser.
Après un long soupir nostalgique, je traîne mes pieds jusqu'à mon armoire où j'enfile un pull en laine bleue, puis des grosses chaussettes roses.
Je vérifie que j'ai bien chaud, et je descends sans bruit les escaliers. J'entre dans la cuisine, où Maman s'affaire à préparer des cailles, des pommes de terres au four et la sauce, et ce, tout à la fois.
 
- Je peux t'aider ?
 
Le couteau manque de peu son doigt et se fiche dans une patate, et ses grands yeux bruns se posent sur moi.
Ma proposition étant inhabituelle, je tente de ne pas hausser les sourcils d'un air de dire « que veux-tu ». Elle m'analyse durant trois bonnes minutes puis acquiesce, me tendant le saladier de soupe, pour que je la mélange.
La cuisine est plongée dans un silence de plomb très pesant.
Papa et Maman aillant divorcé il y a officiellement cinq mois, je ne sais pas où l'homme qui m'a élevé passera les fêtes.
Honnêtement, je n'en ai trop rien à faire, ses derniers mots prononcés m'étant resté en travers de la gorge.
En passant devant la porte de la minuscule pièce, Sting entre et se poste près de nous.
 
- Je peux aussi aider ?
- Tu n'as qu'à mettre la table, murmure Maman.
 
Avec un petit sourire, mon frère s'exécute.
 
Nuit du 24 au 25 décembre 2017
 
Nous avons dîné, festoyé autant que nous le pouvions, puis finalement, nous avons chacun rejoint nos lits.
Ce Noël ci aura été beaucoup moins pire que l'ancien. Cependant, je suis presque sûre que je n'arriverais pas à connaître pire.
Je suis accoudée au bord de ma fenêtre, à observer le ciel sombre où virevolte en continu des flocons.
Je suis captivée par leurs mouvements de balancement.
Je regarde la rue, les passants qui se hâtent de regagner leur maison avec plusieurs cadeaux sous les bras, mais aussi les gens déguisés en Père Noël.
Alors que je me décide à rejoindre mon lit, j'entends un bruit sourd au dessus de ma tête, puis un raclement, et enfin, après un « boom », des pas étouffés par des grognements.
Curieuse, je sors de ma chambre et observe le salon par dessus la rambarde des escaliers.
Une ombre passe devant la faible veilleuse installée par Maman pour ne pas tomber la nuit, et une forme allongée m'apparaît.
De dos, un homme grand, musclé et habillé d'un gros manteau me fait face.
D'abord effrayée par l'intrus, je me ressaisis et dévale à pas de loup les escaliers, me munissant au passage de la lampe en bambou que ma mère a obtenue de nos voisins, et m'approche de l'homme.
Je serre mes doigts sur le socle, anticipant sa réaction quand il s'apercevra de ma présence.
Peut-être est-il armé ?
J'empêche mes dents de claquer et rassemble tout mon courage éparpillé en miettes quand je lève la lampe, pour l'abattre sur la tête de l'humain face à moi.
 
- Aïe ! Grogne celui-ci en se baissant pour amortir le choc.
 
Surprise de sa réaction minime, je recule, prête à lui asséner un second coup.
 
- Stop, arrête !
 
Je fronce les sourcils quand je comprends qu'il s'adresse à moi, me faisant face, les paumes vers moi en signe de soumission.
Mes yeux chocolats rencontrent de magnifiques yeux émeraudes. Je dévisage le jeune homme face à moi.
Car sous son bonnet et son énorme manteau rembourré de Père Noël, c'est un garçon au teint halé et aux cheveux roses qui me regarde.
 
- Vous êtes chez moi ! J'accuse, un peu ébranlée de ma découverte. Qui êtes-vous et que faites-vous ici ?
 
Comme si je venais de lui manquer de respect, mon interlocuteur bombe le torse, et redresse le menton.
 
- Mais ! Je suis le Père Noël !
- Excusez moi, mais vous avez l'air de tout, sauf d'un Père Noël. Vous êtes même pas vieux, et vous n'avez pas de barbe.
- Rah, j'avais bien dit que ça ne suffirait pas, marmonne-t-il dans le col de son manteau rouge.
- Que faites vous ici ? Je répète.
- Mais je te l'ai dit ! Je suis le Père Noël, et là, je distribue les cadeaux !
- Je ne vous crois pas.
- Je suis passé par la cheminée !
- Vous êtes donc un voleur, je conclus en armant mon bras pour l'assommer avec la pauvre lampe qui n'avait rien demandé.
- Non, bordel de neige ! Je suis le Père Noël !
- Vous êtes mignon, mais j'ai passé l'âge de croire à toutes ces conneries.
 
Un éclat étrange passe dans ses yeux quand il m'observe.
 
- Pardon ? Et pourquoi ça ?
- Ça ne vous regarde pas. Je ne sais pas qui vous êtes, ni ce que vous faites ici.
 
Avec un air lasse, il se frotte le front.
 
- Houx de mes deux, chuchote-t-il en me fusillant du regard. Je fais que te répéter que je suis le Père Noël !
 
Je grince des dents, tout aussi agacée par sa réponse que lui peut l'être par ma question.
 
- Vous n'avez même pas de preuves.
- J'ai le manteau et le bonnet ! Réplique-t-il en me désignant ses habits.
- Ça s'achète en magasin, je rétorque.
- J'ai un traîneau, des rennes et une hôte !
- J'aimerais bien voir ça, je siffle.
- Viens, me propose-t-il en me tendant une main couverte d'un moufle rouge, que je trouve d'un certain côté très drôle.
- Qui me dit que tu n'en profiteras pas pour m'assassiner ?
- Ce serait contraire à mes principes de Père Noël !
 
Seulement, au point où j'en étais avec mon cancer, je n'avais plus grand-chose à craindre. Peut-être détenais-je ici une occasion de vivre quelque chose d'extraordinaire, ou de terriblement excitant ? Quelque chose qui me fasse ressentir un stress ou une peur magique ? Peut-être vivrais-je quelque chose que je pourrais plus jamais faire si je laissais passer cette occasion ?
C'est donc avec pour idée de vivre un truc qui me sortirait de mon quotidien que j'accepte.
Il me sourit et me prend la main. Ses doigts se referme, entourant toute la mienne. La sienne est si grande est si chaud que je m'aperçois immédiatement que j'avais les doigts gelés.
 
- Tu as froid ?
- Non, j'ai toujours les mains froides.
 
Ma réponse coupe net la discussion à peine entamée, et l'inconnu, après avoir ouvert la porte, me propose son manteau. C'est vrai que le vent gelé qui hurle dans les rues, ébouriffants mes cheveux en y mêlant de la neige, ne me tient pas chaud. J'acquiesce et enfile l'énorme manteau rouge, rembourré de laine.
Sans plus de cérémonies, malgré mes jambes découvertes, le pseudo-Père Noël me tire hors de chez moi.
 
- Accroche toi.
 
Sans comprendre, je le regarde, jusqu'à ce qu'il me hisse sur son dos, et entame l'escalade de la façade comme un singe. Voyant le sol s'éloigner de mes pieds, mon emprise autour de ses épaules se resserre, et mes jambes se crispent sur ses hanches.
 
- Si je tombe, je meurs, je souffle contre le trapèze du garçon.
- N'exagère pas. Tu te casseras les os seulement.
- Seulement ? Ça fait horriblement mal.
 
Et puis sincèrement, je doute que mon corps malade supporte cette chute, mais je me garde bien de le dire.
Quand le pseudo-Père Noël atteint le toit et se glisse dessus, je suis rassurée, mais un bruit de clochette me sors de mes pensées sur les huit mètres de chute libre sous moi. Je relève les yeux, et me retrouve nez à nez avec un Renne, qui me lèche la joue avant que j'ai eu le temps de m'écarter.
Je lâche le garçon qui m'a amené sur mon toit, en poussant un cri de surprise et de dégoût.
L'autre ricane.
 
- Doucement Happy, tu fais peur à notre invitée...
 
Il se contente de grattouiller le cou de la bête, et j'en profite pour remarquer qu'il y a tout un amoncellement de ces animaux sur mon toit.
 
J'ai des rennes sur mon putain de toit.
Mes yeux croisent un traîneau rouge, avec des clochettes, et un sac brun rempli de cadeaux.
Évidemment, il ne m'en faut pas plus pour en déduire que l'homme que j'ai frappé dans le salon est le Père Noël.
 
- Alors, tu me crois maintenant ? Interroge le sujet de mes pensées.
- O...Ouais, je suis forcée d'admettre.
 
Seulement, je n'en reviens toujours pas, médusée.
 
- Maintenant que tu m'as retardée, tu vas devoir m'aider. J'irais plus vite avec toi, réfléchit le Père Noël.
 
- Hors de question ! Je ne monte pas là dessus, je ne suis même pas sûre que ça supporte autant de poids.
- Lucy, Lucy, Lucy, soupire mon interlocuteur. Comment crois-tu que je suis arrivé ici ? En me téléportant, peut-être ?
- C'est tot-....Attends...Comment connais-tu mon nom ?
- La lettre, c'est toi qui l'a écrite, non ?
 
Je plisse les yeux, cherchant de quelle satanée lettre il peut bien causer. Il fouille dans la poche arrière de son pantalon et me tend un papier plié en quatre, usé sur les pliures.
Je l'ouvre.
 
24 décembre 2016, je lis.
Je la referme aussitôt.
 
- Pourquoi tu n'es pas venu ce soir là, si tu existes, putain ? Je murmure.
 
Il me désigne le traîneau.
 
- Je t'explique tout en chemin.
 
J'accepte avec nervosité mais aussi avec colère. Il s'est bien fichu de moi. Il a ignoré ma lettre parce qu'elle le faisait chier ? Il ne savait pas comment s'occuper de moi, alors il m'a oublié ?
Une fois assise dans le traîneau, il me jette une couette usée sur les jambes, sortant un second manteau de son « tableau de bord », semblerait-il.
Il fait claquer les rênes et les animaux se mettent en mouvement. Il n'en faut pas plus à mes doigts pour s'accrocher à l'engin comme si ma vie en dépendait, ce qui est sûrement le cas.
Le Père Noël fait à nouveau claquer ses rênes et les bêtes avancent plus vite, avant de littéralement sauter dans le vide.
Sauf qu'au lieu de s'écraser huit mètres plus bas comme je le pensais, ceux-ci sautèrent dans le ciel, galopant avec le vent, entraînant le char derrière eux.
Je pousse un cri quand je sens mon « véhicule » se précipiter en avant, et un second quand, par miracle, il se redresse et s'envole à la suite des rennes.
Mes cheveux fouettent mon visage, et mes dents claquent.
Mon voisin m'enfonce un bonnet de Noël sur la tête, jusqu'aux sourcils. Je me rends compte quand ses cheveux volent au vent qu'il s'agit du sien.
 
- Je m'appelle Natsu, se présente-t-il enfin.
- Pourquoi tu n'es pas venu quand tu as reçu ma lettre ? Pourquoi tu l'as ignoré ?
 
Je ne saurais l'expliquer, mais je lui en veux moins que quand j'étais dans ma chambre.
Peut-être était-ce le fait qu'il soit face à moi, que je ne puisse pas l'insulter comme bon me semblait ?
 
- Écoute moi, tu veux ?
 
Il retire l'un de ses moufles pour passer ses doigts dans ses cheveux.
 
- Je ne savais pas. L'année dernière, ce n'était pas moi qui m'occupait des cadeaux, mais mon grand-père. Seulement...Pendant sa tournée, il a glissé, et est tombé d'un toit. Il s'est cassé l'épaule et la jambe, et n'a pas pu terminer la distribution des cadeaux. Il tenait absolument à venir te voir, tu sais.
 
Il fait une pause pour reprendre son souffle, observant d'un ½il lointain ses animaux qui galopaient dans la nuit.
 
- Quand il est rentré à la maison...Il m'a donné ta lettre en me suppliant de passer chez toi, d'essayer d'arranger le coup...Mais tout ce que j'ai réussi à faire, c'est de rester devant lui, alors qu'il venait de mourir. J'ai pas pu bouger, et quand je me suis rendu compte que je devais sauver ton Noël, il faisait déjà jour. Je pouvais plus rien faire.
 
Il se pince l'arrête du nez en fermant les yeux.
 
- Je m'en suis voulu, tu sais. Je voulais rencontrer la fille malade, chiante et terriblement paumée que t'étais. Mais je pouvais pas, j'avais pas le droit. Alors je me suis promis de prendre la relève de mon grand-père et de tout faire pour que tu passes un bon Noël.
 
Incapable de soutenir la vision qu'il m'offre, ébranlée par ses paroles, je baisse les yeux sur mes genoux.
 
- Je sais que tu n'as pas guéri, parce qu'à ton stade de rémission, c'est impossible. Je sais aussi que tu n'en as plus pour longtemps.
 
Je le foudroie du regard, enragée qu'il me jette toutes mes craintes au visage.
 
- Sauf que...Je t'aime bien. Je t'ai observé pendant cette année, et même si t'étais chiante avec ta mère, je crois que je me suis attaché à toi. Et puis c'est agréable de te parler, et de te regarder...
 
Je pince les lèvres et fronce les sourcils, ne comprenant pas où il veut en venir.
 
- Et ?
- Voilà...Je...J'aimerais rattraper tout ce que t'as vécu comme merde à cause de moi.
- Ce...N'étais pas de ta faute, j'articule avec appréhension.
- Écoute moi simplement. J'aimerais que tu viennes avec moi. Je veux que tu...Devienne...Ma Mère Noël.
- Hein ?
 
Mes joues rougissent, et pas à cause du froid.
 
- Évidemment, si tu refuses, je comprendrais. Mais si tu acceptes, ça voudrait dire...Que tu quitteras tes parents pour toujours, tu n'auras pas l'occasion de les voir, sauf exceptionnellement pour Noël. Tu...Seras « morte » demain, aux yeux de humains, enfin des scientifiques, mais ton âme restera avec moi. Et...Tu ne seras plus capable de dire des gros mots.
 
Pendant toute l'énumération des conditions, je trouve cela moins pire que la mort. Mais le dernier point ne manqua pas de m'intriguer.
 
- Comment ça, plus de gros mots ?
- Je ne peux plus en dire, j'ai le réflexe de les remplacer par des trucs de Noël. Par exemple, Houx de mes deux, ou bordel de neige, ou ta bûche...
- Même putain ?
- Sapin. Je suis obligé de dire sapin quand je me cogne le petit orteil contre un meuble !
 
Il avait l'air très malheureux de cette réalité. J'avoue moi-même que ce serait peut-être la chose qui me manquerait le plus. Je ne pourrais plus hurler « putain » dans toute la maison quand je me cognerais.
Malgré toutes ces petites conditions, l'idée de fuir une mort certaine, et de passer le reste de ma vie à vivre avec cet homme, qui je le reconnais, était terriblement séduisant, me plaît.
Seulement, une dernière question m'empêchait d'accepter.
 
- Est ce que tu vis vraiment au Pôle Nord ?
 
Au lieu de se vexer, il rit joyeusement, avalant de ce fait quelques flocons de neiges qui manquèrent de peu son étouffement.
 
- Non, c'est une légende urbaine. Moi, je vis au dessus des nuages.
- Dans le ciel ?
- Oui. Trois mètres au dessus du ciel.
 
Je souris.
 
- D'accord. J'accepte.
 
Je lui offre mon sourire le plus chaleureux, le nez et les joues rouges, les yeux fermés.
Quand je sens une pression chaude sur ma bouche, avant que la sensation d'un sourire écrasé sur mes lèvres ne me parvienne.
J'entrouvre les yeux, pour découvrir un jeune Père Noël en train de m'embrasser.
 
OS spécial Noël - La fille qui ne croyait plus au Père Noël
 
Merci à tous d'avoir lu ce petit One Shot ! Ça fait longtemps que je n'avais rien posté, j'espère que mon écriture est toujours aussi bien, voir mieux...Joyeux Noël et bonnes vacances !
.
OS spécial Noël - La fille qui ne croyait plus au Père Noël

Tags : Spécial Noël - La fille qui ne croyait plus au Père Noël

Leave a comment

We need to verify that you are not a robot generating spam.

See legal mentions

Don't forget that insults, racism, etc. are forbidden by Skyrock's 'General Terms of Use' and that you can be identified by your IP address (54.225.59.14) if someone makes a complaint.

Comments :

  • Nxtsu

    23/12/2017

    YouyouL wrote: "Alors là, j'avoue que tu m'as tuée !! ^^ Je m'attend pas du tout à ça mais tu as su très bien jouer avec les persos, j'adore !! ^^ J'avoue que moi-même je ne refuserait pas de vivre avec un père Noel Natsu xD Et je trouve l'histoire de Lucy très triste mais assez réaliste et ça aussi j'aime bien ^^
    Du coup, ton OS est juste trop bien, je rigolais toute seule en lisant :D
    "

    Merci **
    Qui peut résister à Natsu ? **
    J'en ai eu l'idée après avoir lu le résumé d'un bouquin où l'héroïne était diagnostiquée cancéreuse et qui faut ce qu'elle veut pour vivre sa vie à fond ~
    Merciiiii *0* Ravie qu'il t'ai tant plu **

  • YouyouL

    23/12/2017

    Alors là, j'avoue que tu m'as tuée !! ^^ Je m'attend pas du tout à ça mais tu as su très bien jouer avec les persos, j'adore !! ^^ J'avoue que moi-même je ne refuserait pas de vivre avec un père Noel Natsu xD Et je trouve l'histoire de Lucy très triste mais assez réaliste et ça aussi j'aime bien ^^
    Du coup, ton OS est juste trop bien, je rigolais toute seule en lisant :D

  • Chiimin

    23/12/2017

    De rien ♥

  • Nxtsu

    23/12/2017

    Chiimin wrote: "C'est un très bon One-shot que tu as écrit ! Les phrases sont correctement formulées et l'histoire et bien trouvée ! Bravo *^*"

    Merciiiiiii *0* ❤

  • Chiimin

    23/12/2017

    C'est un très bon One-shot que tu as écrit ! Les phrases sont correctement formulées et l'histoire et bien trouvée ! Bravo *^*

  • Nxtsu

    23/12/2017

    LOCKSER wrote: "Ooooh j'adore ! Tu écris vraiment bien *^* "

    Merciiiii Juvy ❤

  • LOCKSER

    23/12/2017

    Ooooh j'adore ! Tu écris vraiment bien *^*

  • Nxtsu

    22/12/2017

    Seishuu wrote: "J'adore ton OS spécial noël ! *^*
    J'adore ne plus dire de gros mots ! x)
    Putain et à la place il doit dire sapin ! XD

    Ton OS m'a touchée parce que la fille a un cancer, (j'en ai pas,mais j'ai de l'empathie !) ce qui s'est passé à son ancien Noël à été le pire ! Et que son père l'insulte,alors ça c'est impardonnable ! J'ai pas de quoi contredire ton OS. Il est magnifique. '^'
    "

    Merciiiii *0*
    Je trouvais que c'était dans l'esprit de Noël :')

    En fait j'ai eu cette idée parce que j'ai entendu parler d'un livre (La fille qui ne croyait plus aux miracles) et je crois que l'héroïne avait un cancer et du coup elle faisait des trucs impensables pour profiter de sa vie itout ~
    Hmm...J'espère que ça ne se produit pas vraiment. Même si le divorce existe encore de nos jours...Même beaucoup plus qu'avant !

    Merciiiii *0*

  • Seishuu

    22/12/2017

    J'adore ton OS spécial noël ! *^*
    J'adore ne plus dire de gros mots ! x)
    Putain et à la place il doit dire sapin ! XD

    Ton OS m'a touchée parce que la fille a un cancer, (j'en ai pas,mais j'ai de l'empathie !) ce qui s'est passé à son ancien Noël à été le pire ! Et que son père l'insulte,alors ça c'est impardonnable ! J'ai pas de quoi contredire ton OS. Il est magnifique. '^'

  • ARYSU

    22/12/2017

    Aaaaaahhhhhh, c'est adorable ! Non mais j'avais vu que tu l'avais posté sur Wattpad, mais je ne me souvenais de ton compte Sky du coup quand j'ai vu cet article dans ma fil d'actu je me suis dit euh what ? ._.J'ai trouvé ça bizarre de voir le même titre en deux minutes d’intervalles, j'ai un peu bugué ! xD
    Bref !
    J'écris juste ce commentaire car (même s'il n'est absolument pas constructif, je le fais quand même) c'était pour souligner ta phrase "Trois mètres au dessus du ciel". Rassures-moi, ça fait bien référence au film hein ? °0° Même si je ne l'ai jamais vu, je le connais de nom et du coup bah voilà. ._.

    Bref bonne soirée, bonnes fêtes, bonne année ! ~

    (j'ai l'impression que ce commentaire est absolument inutile haha)

Report abuse